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Largillière Finance - 10 mars 2023

« Transmissions d’entreprises : il est temps de lever les blocages français » – La tribune de Paul Bougnoux

La tentation du « quiet quitting », cette propension à mettre ses priorités ailleurs que dans le travail, n’est plus l’apanage des salariés. Nous l’observons chaque jour, la crise sanitaire pousse les entrepreneurs à l’introspection. Entre inflation, difficultés d’approvisionnement et de recrutement, ils sont de plus en plus nombreux – et même souvent bien avant l’âge de la retraite - à songer à céder leur entreprise pour jouir du fruit mérité de leur labeur. Mais tous n’y parviennent pas. Faute de repreneur français, ils peuvent être tentés de se tourner vers un acheteur étranger. L’on court alors le risque de voir ce dernier délocaliser l’activité, non sans conséquences sur l’emploi et la désindustrialisation des territoires.

 

Et encore les « quiet quitters » ont-ils du temps pour réfléchir et agir. C’est moins le cas des dirigeants estimant qu’il est « trop tôt pour y penser ». Or, cette catégorie de population est vieillissante. En France, un quart d’entre eux est âgé de plus de 60 ans, 11 % ont plus de 66 ans. Il faut savoir qu’une transmission se prépare, demande du temps, que celle-ci se déroule dans le cercle familial (17 % des cas en France, contre 56 % en Allemagne et 70 % en Italie) ou bien en dehors. Et qu’après 65 ans, la probabilité qu’elle survienne baisse nettement.

Le phénomène est susceptible d’avoir plusieurs répercussions. Le risque est ainsi réel de voir gonfler le nombre de structures mises en vente, mais rendues moins innovantes par l’âge du capitaine. La compétitivité de notre tissu productif pourrait pâtir d’un trop grand nombre de PME et ETI souffrant de sous-investissement. Sans oublier la perspective de voir certains départs à la retraite déboucher sur la disparition pure et simple des entreprises – 17 000 cas chaque année.

On le voit, la situation des transmissions en France demeure préoccupante. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire BPCE, les opérations de cession sont en diminution constante, passant de 45 815 en 2010 à 31 300 en 2020. Assurer leur fluidité est pourtant un enjeu majeur. La France a, en effet, besoin de voir grandir ses PME afin que celles-ci deviennent des entreprises de taille intermédiaire (ETI), rouages essentiels de ses performances économiques et du redressement de sa balance commerciale. Maintenir nos entreprises dans leurs territoires en garantit la vitalité. Il s’agit aussi d’une question de préservation des savoir-faire et de souveraineté économique.

C’est tout le cadre de la transmission qu’il faut faire évoluer pour lever les blocages. En commençant par mieux informer les entrepreneurs. L’an dernier, 41 % d’entre eux n’avaient aucune connaissance du processus requis. Comment, dans ce contexte, encourager l’anticipation ? Les dispositifs d’accompagnement, la nature des accompagnants - CCI et banques d’affaires en tête - doivent être davantage connus des intéressés, qui ont du mal à se faire une idée réelle du marché.

C’est ensuite la complexité des procédures à laquelle il faut s’attaquer. Prenons l’exemple du pacte Dutreil, outil essentiel pour les transmissions familiales, mais qui a connu de nombreuses retouches depuis les années 2000. Créé à l’origine pour aider les entreprises à rester en France, il demeure loin de régler toutes les questions qui se posent alors. L’obligation, pour les actionnaires, de souscrire des engagements de conservation peut pénaliser des opérations de croissance externe. Et l’instabilité juridique qui entoure ce pacte engendre des difficultés, liées notamment à l’appréciation de l’entreprise par l’administration fiscale.

La fiscalité, voici le troisième chantier à aborder afin de rendre les transmissions plus fluides. Car, pour un cédant, la note demeure salée, qu’il choisisse la flat tax ou l’imposition de sa plus-value au barême progressif. La complexité est là encore au rendez-vous.

 

Clarifier, simplifier, alléger : c’est à ces trois conditions que l’on assurera la pérennité de nos PME et le développement de nos ETI. Et c’est maintenant qu’il faut agir si l’on veut rester dans la course et renforcer l’emploi dans nos régions.

Présente à Paris, Lyon, Nantes, Bruxelles et Genève, Largillière Finance est une banque d’affaires indépendante dédiée à l’accompagnement de dirigeants et d’actionnaires d’ETI et de PME lors de leurs opérations en capital : cessions et acquisitions de sociétés, financements (capital et/ou dette), ingénierie financière (évaluation…) et stratégie financière.

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